vendredi 31 janvier 2014

À faire et à ne pas faire à Bali

En générale, les touristes qui ont passé, ou sont en train de passer, leurs vacances à Bali surnomment cette île comme « l’île de paradis ». Cependant, on doit être toujours réaliste du fait, comme partout ailleurs sur la planète, que ce jardin des dieux recèle aussi des dangers, des désagréments, des macaques combattifs, des scooters entêtés et autres. À défaut d’une prudence extra, vous pourrez terminer vos vacances non avec de bons souvenirs mais plutôt par les blessures ou la maladie. Par ailleurs, la culture balinaise est l’une des principales attractions touristiques de l’île mais, à leur insu,  les touristes peuvent offenser les locaux en violant les éthiques et les coutumes locales sans jamais en vouloir faire. Si vous souhaitez vous mêler à la population locale ou visiter les temples balinais, et ça va se passer sans doute, il faut savoir ‘quelque chose’ ce qui vous permet d’y vivre aisément et maintenir de bonne relation interpersonnelle n’importe où sur l’île.

Cet article a pour objectif de présenter quelques petites astuces à ceux qui sont en train de préparer leur voyage à Bali afin d’éviter les incidents qui arrivent quelquefois aux touristes sur place, et c’est ainsi qu’ils remportent le meilleur de leur voyage à ce petit paradis sur la terre. 

Savoir vivre et coutumes à Bali
Malgré bien de modernités que l’on peut remarquer à Bali, la culture locale reste fournir un principe fondamental sur lequel les Balinais se conduisent et créent des relations interpersonnelles. Donc, si vous désirez visiter ses temples, rencontrer ses habitants dans un marché, dans la rue, sur la plage..., il faut être bien avec eux en faisant attention à votre attitude de ne pas casser les fragilités locales.

Voici quelques astuces de savoir-vivre lors de vivre à Bali :
  • Habillez-vous et agissez de manière appropriée et modeste.
    Les Balinais sont tant plus conservatifs que la plupart des occidentaux. Malgré leur tolérance, ils froncent les sourcils sur les démonstrations publiques d’affection. Donc, quand dans les villages ruraux ou près des sites religieux, tenez les attitudes de convoitise à un strict minimum. Il en va de même avec des vêtements, habillez-vous aussi modestement que possible en particulier quand visiter des temples. Quand visiter un temple balinais, les hommes et les femmes sont exigés de couvrir les épaules et les jambes. Les tongs sont parfaitement acceptables tant que l’aspect général reste modeste. Si en raison de la chaleur tropicale vous préférez porter un short pour vos visites, munissez-vous néanmoins d’un sarong (une sorte de pareil-haut) et un selendang (une écharpe) à mettre à la taille avant d’entrer dans un temple. Dans la plupart des sites, ces articles sont normalement disponibles et à louer à l’entrée, mais vous pouvez apporter le votre.
  • N’utilisez jamais la main gauche pour toucher, pour donner ni pour recevoir.
    Cette précaution a rapport avec la main gauche d’être utilisée en particulier pour des raisons hygiéniques. De coutume, les Balinais utilisent de l’eau à la place de papier toilette pour nettoyer les régions infernales, et c’est la main gauche qui le fait. Donc, elle est considérée un peu polluée et impure et ne devrait jamais être utilisé pour toucher d’autres personnes ni pour remettre quelque chose. L’exception est lorsque vous donnez quelque chose avec toutes les deux mains, cela est considère comme un grand compliment.
  • N’utilisez pas votre index pour pointer ou appeler.
    En cas d’attirer l’attention de quelqu’un, invitez-lui de venir en étendant la main et, avec la paume tournée vers le bas, faisant une geste à la baisse.
  • Ne touchez jamais la tête de quelqu’un.
    Les Balinais croient que l’âme de quelqu’un réside dans sa tête, ce qui fait de limites pour les gens pour la toucher. Même pas les enfants ne devraient être touchés sur leur tête; c’est bien au contraire à ce qui est habitué en Occident.
  • Ne donnez jamais d’argent aux enfants ni à ceux qui tendent la main.
    À Bali donner l’argent aux enfants ou à ceux qui en demandent n’est pas recommandé parce qu’à défaut, vous pourrez créer des relations dénaturées, frustrations et détériorer leur future. Bien que donner des cadeaux aux enfants plus petits ou plus grands ne soit pas un tabou sur l’ile, mais si vous en distribuez sans raison aux enfants, cela leur incite à en demander plus en plus à chaque fois qu’ils croisent des touristes.
  • N’entrez pas dans un temple balinais pendant vos règles.
    Cela peut être pénible pour une femme, mais vous êtes dans une situation où l’ensemble de culture de l’ile est contre vous à cet égard. En effet, toute femme ayant ses règles, ou n’importe qui avec une blessure saignante ou écoulement sanguin, est considérée impure et ne pas être autorisée d’entrer dans tout site religieux.
  • Ne marchez pas sur des offrandes par terre.
    Les petites corbeilles aux fleurs colorées dont vous y trouvez partout (par terre, sur le trottoir, sur des plateformes...) sont les offrandes quotidiennes (localement appelée "canang sari") que les Balinais déposent dans la matinée pour leurs dieux et les esprits de la nature. Marcher sur ces offrandes peut être terriblement offensive pour un Balinais qui est témoin de votre faute. Donc, faite attention sur votre pas autour de l’ile de ne pas marcher sur les offrandes.
  • N’interrompez pas toute procession ou d’autres cérémonies religieuses.
    À Bali les processions religieuses se passent assez régulièrement, en particulier avant le jour férié comme Nyepi (jour de silence), la fête de temple..., et ces processions sont données la priorité par rapport à votre voyage. Donc, si vous êtes coincés derrière une procession dans une petite route, il est mieux de ne pas klaxonner ni faire des chahuts. Par ailleurs, dans un temple balinais, il y a quelques règles à suivre afin de garder une attitude appropriée au cours des cérémonies religieuses. Par exemple :
    - Votre position n’est pas plus haute que celle du prêtre qui officie la cérémonie.
    - Évitez d’utiliser la photographie au flash dans le temple.
    - Quelque soit la raison, vous n’êtes pas autorisés de marcher devant les fidèles qui sont en prière.




mardi 21 janvier 2014

Le village balinais : le cœur de la société balinaise



Quand on vient à Bali et fait quelques excursions autour de l’ile,  son itinéraire inclue  à coup sûr la visite d’un ou plus de villages, ou au moins passer par quelques villages. Une fois sur la route et arrivé à l’entrée du village, on y remarque sur chaque côté de la route des murs d’enceinte (clôture) assez variables coiffés de chaume, et aujourd’hui de plus en plus en bêton, avec des portes d’entrée donnant accès aux résidences des familles. C’est souvent aujourd’hui que l’on trouve également quelques magasins et des petits commerces qui fournissent aux villageois tout ce que l’on a besoin tous les jours. Derrière les  habitations se trouvent les potagers et plusieurs bananiers fournissant aux familles des légumes verts, des céréales et des fruits. Des coqs de combat dans des cages de bambou sur le sol, des poules libres comme l’air et des chiens errant dans les rues sont des aspects tellement courants dans un village balinais. Les canards n’y sont pas laissés libres mais dirigés quotidiennement vers les rizières.

Au centre du village se trouvent les maisons et édifices communaux, le temple local, le pavillon public des réunions, le tour de cloche en bois (bale kul-kul), sans oublier le grand arbre sacré (banian) aux racines embrouillées sous lequel se mettent quelques hommes avec leur coq. À quelques distances du village, habituellement au fond du village, se situe le cimetière, un espace ouverte entouré d’arbres dans lequel se voient des tombeaux – mais ils sont tous éphémères. C’est ici où ont lieu les crémations des corps. Ce site abrite aussi un temple (pura dalem) dédié aux défunts. Globalement, le village balinais est ombragé, très bien entretenu. Les jardins aux fleurs colorées le long de la route et la manipulation communale de l’eau produisent un fort sentiment de sécurité et d’organisation ordonnée. Voila la description globale aperçue quand on visite un village balinais.

Sur le plan socioculturel, un village balinais est plus qu’un simple groupe d’habitations et de bâtiments publics. C’est vraiment le cœur de l’organisation sociale balinaise qui abrite une communauté religieuse attachée à quelques temples. Le nombre de temples auquel la communauté villageoise est reliée varie de village en village. Chaque membre de la communauté est obligé par la coutume de prendre part à l’organisation des fêtes et cérémonies des temples. Les habitants considèrent la terre comme un héritage des ancêtres fondateurs qu’ils vénèrent autant que des divinités locales. Tous les couples mariés appartiennent à une association de voisinage (banjar) qui veille à l’application de la loi coutumière (adat) réglementant la vie privée et se charge des rites funéraires et des cérémonies de mariage.

Vue de l’administration de l’État, Bali est l’une des 33 provinces de la république d’Indonésie, constituée de 8 régions (kabupaten), une municipalité (kota madya), quelques dizaines de districts ou bourges (kecamatan)  et quelques centaines de villages administratifs (desa dinas). De cette structure administrative de l’État, Bali abrite deux types de villages : le premier, le village administratif qui est lié structurellement au système constitutionnel de l’état; le deuxième, c’est le village coutumier (desa pekraman ou desa adat) qui est autonome de nature. Le premier a été crée au départ par le gouvernement colonial hollandais après la conquête du sud de Bali en 1906 – 1908, alors que le dernier est l’organisation traditionnelle qui remonte au XIe siècle et établi en fonction des obligations coutumières et de l’attachement autour de ses temples. Compte tenu que les deux types de village sont établis avec différents concepts, ils ne sont guère congruents en termes du territoire et du nombre de population. Cet article se délimite pourtant à ce dernier car toute particularité et complexité de la culture, tradition et religion de Bali qui se distinguent des autres villages ou organisations de tout l’archipel sont associées, de manière directe ou indirecte, à cette ancienne organisation sociale balinaise. 

L’administration des villages balinais. 
Les villages balinais sont administrés par un conseil qui s’appelle "krama desa" composé de tous les foyers aux conjoints mariés. Tous les cinq ans ce conseil élit  l’un de ses membres comme chef du village (bendesa ou klian desa) et se réunit dans le pavillon communal (bale agung)  une fois par mois. Toutes organisations de la vie du village, fêtes et cérémonies des temples, etc. sont réglementées par une palette de lois coutumières convenues au village (awig-awig desa). Aujourd’hui, toutes les lois coutumières de Bali sont revues et adaptées aux sources du droit national et aux droits de l’homme. C’est ainsi qu’aucune décision prise n’est pas appuyée sur la délibération démocratique.  Il arrive que le conseil administre des sanctions à l’un ou plus de ses membres en violation de la loi coutumière.

Les grands villages et les villes importantes (Denpasar, Sanur, Kuta, Ubud et autres)  sont découpés en quelques petites associations de voisinage, et celle-ci s’appelle " Banjar ". Comme tous les villages, ces circonscriptions  possèdent également toutes les caractéristiques administratives des villages, chacune avec ses temples, son conseil, son pavillon, sa fête et cérémonie de ses temples.  Et c’est ainsi que l’organisation villageoise est universelle à Bali jusque dans la capitale provinciale de Denpasar.

Dans le but de préserver la culture et les traditions locales contre le développement intense du tourisme à Bali, et aussi grâce à l’autonomie régionale mise en place par le gouvernement indonésien depuis une quinzaine d’années,  l’orientation de développement à Bali a été changée pour être plus durable et tournée plutôt vers les villages coutumiers. Le corolaire est qu’il y a de plus en plus de nouveaux villages coutumiers (desa pekraman) qui ont été établis dans chaque région à Bali, et aujourd’hui, dans un territoire d’un seul village administratif se trouvent plusieurs villages coutumiers. Malgré les caractéristiques communes partagées par tous les villages coutumiers sur l’ile,  il y a de nombreux éléments et coutumes qui ne se trouvent vraiment que dans certains villages, et à Bali ces variantes spécifiques à une certaine communauté au sein d’une structure culturelle plus large sont souvent dénommées « desa mawa cara » (coutumes spécifiques à certains villages) qui méritent une préservation consciente de l’autorité balinaise.

Les aristocrates balinais restent habiter dans leur palais (puri) situé à l’intérieure des villages. Ces vastes complexes d’habitation sont protégés d’un mur d’enceinte avec deux ou trois portails donnant accès à l’intérieure. Comme un village miniature, cette habitation contient les maisons des divers membres et branches de la famille, chacune avec son jardin et ses murs de séparation. La société rurale de Bali ne possède pas de classe moyenne proprement dit. En générale, cet état est occasionné par la tendance que les hommes d’affaires, les entrepreneurs, les boutiquiers et travailleurs indépendants préfèrent habiter en ville comme Denpasar et ses banlieues.
Bali Essentiel : voyage Bali sur mesure

samedi 18 janvier 2014

SUBAK : la tradition agricole de Bali sur la liste du patrimoine mondiale



Pendant plus de mille ans, les matins au cœur de Bali ont porté une belle vision inspiratrice que sont les rizières en terrasse de l’ile. Malgré tout, la tradition agricole de Bali est tellement exceptionnelle – un système complexe qui comporte la technologie d’irrigation, l’organisation sociale et les pratiques spirituelles, – il vient d’être ajouté sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que manifestation de la philosophie balinaise du Tri Hita Karana. C’est une philosophie fondamentale qui cherche à créer et  maintenir l’équilibre dans la vie en appuyant des bonnes relations entre les hommes et Dieu, entre les hommes eux-mêmes, et entre les hommes et l’environnement naturel. 

Dans le village de Jatiluwih sur les pentes du mont Batukaru au centre de Bali, la technique agricole est très bien préservée et presque inchangée pendant plus d’une dizaine de siècles. Les cultivateurs du riz dont les rizières sont alimentées par la même source d’eau se regroupent  dans une communauté agricole qui s’appelle « Subak ».  Chaque communauté s’occupe de quelques dizaines d’hectares de rizières et quelques centaines de personnes. Une source d’eau fiable est essentielle pour la culture humide du riz. Les membres cultivateurs se réunissent une fois par mois  pour discuter des questions liées à l’irrigation  - comment l’eau est à partager de manière égale parmi les rizières, et si les canaux sont abimés, comment  les réparer, quand on commence à les réparer... L’organisation régulière des rituels et cérémonies dédiés à obtenir la faveur de la déesse du riz, Dewi Sri est aussi liée au bon fonctionnement du système. Donc, le système de subak s’occupe de l’ensemble des pratiques agricoles démocratiques et égalitaires qui ont permis aux habitants de Bali d’être les plus efficaces producteurs du riz de tout l’archipel. Grace à ce système également, Bali a exposé un paysage naturel aux fortes valeurs culturelles et religieuses et possède l’unique système d’irrigation traditionnelle de toute l’Asie depuis XIe siècle.



La société balinaise est majoritairement hindouiste avec tant de croyances mélangées des éléments animistes.  La croyance est orientée pas uniquement à ce qui est visible et touchable mais aussi à ce qui est invisible mais appréciable.  Donc, l’organisation des rituels vis-à-vis à la culture du riz  a pour but d’éviter des catastrophes  -  afin que la récolte soit belle, la culture du riz ne soit pas attaquée par des mauvais insectes de parasites.



Le subak a été choisi en 2007 par le gouvernement indonésien pour la liste du patrimoine mondiale, et ensuite inscrit officiellement sur la liste lors de la 36ème session du Comité du Patrimoine Mondiale  de l’UNESCO. Cette décision a été soutenue par la Malaisie, l'Inde, la Suisse, le Mexique, le Cambodge, l'Allemagne et le Japon, car ce système permet de préserver l'environnement et de respecter les principes du développement durable. Elle implique également que Bali mérite une aide financière et des conseils d’experts de l’UNESCO. Comme il a été souligné par un expert en agriculture d’origine balinais que la tradition de subak continuait depuis très longtemps puisqu’elle est très efficace au niveau de la production du riz. « Chaque membre a même intérêt à obtenir de l’eau parce que tout le monde a besoin de l’eau. De même, chaque membre a également le même centre d’intérêt pour le temple auquel les rituels et d’autres activités spirituelles sont attachées. Donc, le subak est tellement fort en raison de la base physique (eau) et la base spirituelle (temple) ».  Effectivement, avec un labelle d’UNESCO, l’image de Bali ainsi que du Subak devient plus prisé, et on espère que cette nomination encourage les autorités locales pour aider les cultivateurs à l’entretient du Subak afin d’attirer de plus en plus de visiteurs se rendant à Bali pour voir ce patrimoine unique du monde.